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La transition énergétique de la Plaine du Burel se précise entre études et concertation

Philippe Martin 7 min de lecture
Transition énergétique plaine du burel : études et concertation sur la plaine agricole, éoliennes au loin

Le projet de parc éolien de la Plaine du Burel doit produire une électricité renouvelable locale sur le territoire de Dieppe Pays Normand. Situé autour de Bailly-en-Rivière, Cuverville-sur-Yères et Avesnes-en-Val, il n’a pas encore atteint le stade de l’implantation définitive. Les études, la concertation et l’instruction administrative doivent encore préciser sa configuration.

Un projet local porté par ERG sur trois communes

La transition énergétique de la Plaine du Burel s’appuie sur un projet de parc éolien terrestre développé par ERG, un acteur du secteur de l’énergie présent depuis plus de 80 ans. Le groupe intervient habituellement dans le développement, la construction, l’exploitation et la maintenance de ses installations. Le périmètre étudié concerne Bailly-en-Rivière, Cuverville-sur-Yères et Avesnes-en-Val, dans un environnement principalement agricole.

Infographie sur le projet de transition énergétique de la Plaine du Burel et ses chiffres clés
Infographie sur le projet de transition énergétique de la Plaine du Burel et ses chiffres clés

Le projet ne correspond pas encore à un plan définitif. Les positions des machines restent à déterminer et le nombre envisagé se situe entre 5 et 8 éoliennes. Leur implantation dépendra des résultats des études techniques et environnementales, mais aussi des contraintes liées aux habitations, aux bois, aux activités agricoles, aux paysages et aux espèces présentes.

Les personnes qui souhaitent consulter les informations publiées par le maître d’ouvrage peuvent visiter le site officiel du parc éolien de la Plaine du Burel ou la page ERG consacrée au projet. Les actualités et les rendez-vous de concertation sont les moyens les plus directs de suivre l’avancement du dossier.

Une production envisagée pour les objectifs du territoire

Le projet vise une production d’électricité renouvelable au plus près des consommateurs. Sa production prévisionnelle correspondrait à la consommation annuelle de plus de 10 700 foyers. Ce chiffre donne un ordre de grandeur de la production attendue. Il ne signifie pas que l’électricité sera réservée à ces ménages, car elle sera injectée dans le réseau électrique.

Le lien avec le PCAET Dieppe Pays Normand

Le Plan climat air énergie territorial, ou PCAET, fixe une trajectoire énergétique à l’échelle locale. Le territoire de Dieppe Pays Normand vise 37 % de sa consommation d’énergie issue de sources renouvelables à l’horizon 2030. Pour l’éolien, l’objectif du PETR Dieppe Pays Normand atteint 330 GWh en 2030. Le parc de la Plaine du Burel s’inscrit dans cette stratégie de diversification du mix énergétique territorial.

Un site étudié pour son potentiel de vent

Le potentiel éolien repose sur des mesures de terrain, et non sur une simple observation. Un mât de mesure de 90 mètres a été installé en mars 2021 pour recueillir des données sur le vent. Il comporte des anémomètres, qui mesurent la vitesse, et des girouettes, qui indiquent la direction. Des relevés de température, d’humidité et de pression complètent l’analyse. Les vents moyens observés dépassent 7 m/s à 100 mètres, un niveau favorable à l’étude d’un parc.

Les machines pourraient atteindre environ 100 mètres au niveau de la nacelle et jusqu’à 180 mètres en bout de pale. Ces dimensions rendent nécessaire une analyse précise des vues lointaines, des perceptions depuis les villages et de la relation entre les éoliennes et le relief. Elles font partie des paramètres examinés avant de retenir une implantation.

Les études qui encadrent le paysage, le bruit et la biodiversité

Avant le dépôt d’une demande d’autorisation environnementale, un projet éolien doit évaluer ses effets possibles et prévoir les mesures permettant de les éviter, de les réduire ou, lorsque cela est justifié, de les compenser. À la Plaine du Burel, les études portent notamment sur le paysage, la biodiversité, l’acoustique et le vent.

Voir le projet depuis le territoire

L’étude paysagère couvre un périmètre de 20 kilomètres. Elle examine les unités paysagères, le patrimoine naturel et bâti, les axes de circulation ainsi que les secteurs habités. Les photomontages servent à visualiser l’insertion potentielle des éoliennes depuis des points de vue définis. Les cartes de saturation permettent d’évaluer l’accumulation visuelle éventuelle avec d’autres installations. Les coupes topographiques complètent cette analyse en montrant l’influence du relief.

Un suivi écologique sur un cycle complet

L’étude faune-flore est menée sur une année complète pour couvrir les principales périodes biologiques : reproduction, migration, hivernage et activité nocturne. Elle cherche à identifier les habitats et les espèces sensibles, notamment les oiseaux et les chiroptères, c’est-à-dire les chauves-souris. Des micros ultrasoniques enregistrent l’activité de ces dernières. L’objectif est d’éloigner autant que possible les machines des bois, des corridors de déplacement et des zones de vie les plus sensibles.

La décision d’implantation ne dépend donc pas d’un seul indicateur. Elle repose sur un croisement de contraintes. Une parcelle peut présenter un vent favorable, mais se révéler moins adaptée à certaines périodes pour la biodiversité, trop visible depuis un secteur patrimonial ou délicate sur le plan acoustique. Le projet peut ainsi évoluer au fil des résultats, jusqu’à la définition d’un tracé compatible avec les différents enjeux recensés.

Mesurer le bruit avant de définir les réglages

Une campagne acoustique a mobilisé environ 10 sonomètres à proximité des habitations. Ces appareils mesurent le bruit ambiant et le bruit résiduel, c’est-à-dire le niveau sonore habituel en l’absence des éoliennes. Des simulations numériques évaluent ensuite la propagation du son selon les caractéristiques du parc et les conditions météorologiques. Si nécessaire, des plans de bridage pourront être prévus. Ils consistent à adapter le fonctionnement de certaines machines dans des conditions ciblées pour maîtriser l’émergence sonore.

Concertation et procédure : ce que les habitants peuvent réellement suivre

La concertation locale associe les habitants, les élus, les agriculteurs et les autres acteurs du territoire. Elle ne remplace pas la procédure réglementaire. Elle permet toutefois de faire remonter des questions concrètes sur les vues depuis un hameau, l’usage des chemins, l’activité agricole, le paysage, le bruit ou le cadre de vie.

Le dossier devra faire l’objet d’une demande d’autorisation environnementale déposée auprès de la Préfecture. Les services de l’État examineront alors les pièces techniques et environnementales. L’enquête publique interviendra dans ce processus. Le public pourra consulter le dossier mis à disposition, formuler des observations et prendre connaissance des réponses apportées dans le cadre de la procédure.

Étape Son rôle Ce qu’il faut surveiller
Études d’impact Identifier les enjeux et adapter le projet Photomontages, écologie, acoustique et mesures proposées
Autorisation environnementale Examiner la conformité du dossier Documents déposés et demandes de compléments
Enquête publique Recueillir les observations du public Dates, registre, permanences et avis émis

Calendrier prévisionnel et retombées attendues

Le calendrier présenté prévoit une phase d’instruction et d’enquête publique avant un chantier et une mise en service envisagés entre 2028 et 2029. Cette échéance dépend de l’achèvement des études, de l’obtention de l’autorisation environnementale et du déroulement du chantier. Elle ne constitue donc pas une date ferme de construction ou de mise en service.

Au-delà de la production d’électricité, le projet peut générer des retombées locales pendant les travaux et l’exploitation, notamment grâce au recours à des entreprises et à des compétences de proximité. Il est également associé à l’IFER, l’imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux. La répartition annoncée est de 20 % pour la commune, 50 % pour l’EPCI et 30 % pour le département.

Pour les riverains, le suivi le plus utile consiste à consulter régulièrement les actualités du projet, à lire les synthèses d’études lorsqu’elles sont publiées et à participer à l’enquête publique. Ces étapes permettront d’examiner l’implantation, le paysage, la biodiversité, le bruit et le cadre de vie à partir d’éléments documentés.

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